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RDC : disparition de Mario-Philippe Losembe, une figure de la diplomatie et du Parlement.

  • sept. 23, 2026
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La République démocratique du Congo perd l’une de ses figures politiques et diplomatiques ayant traversé plusieurs grandes séquences de son histoire contemporaine. Mario-Philippe Losembe, ancien deuxième vice-président du Sénat et ancien ministre des Affaires étrangères, est décédé mardi 22 septembre 2026 à Kinshasa, à l’âge de 93 ans.

L’annonce de sa disparition a été faite par le secrétariat général du Sénat dans un communiqué signé par Jean Bateke Mukwala. Le programme des obsèques devait être communiqué ultérieurement.

Né en 1933 à Stanleyville, l’actuelle Kisangani, Mario-Philippe Losembe, qui portait auparavant le nom de Mario-Philippe Cardoso, a effectué ses études à Kinshasa avant de poursuivre sa formation en Belgique, notamment à l’Université catholique de Louvain. Il obtient une licence en sciences pédagogiques et commence sa carrière dans l’enseignement supérieur comme assistant-professeur à l’Université Lovanium de Kinshasa en 1959.

À la veille de l’indépendance du Congo, il s’engage dans la vie politique. Il participe notamment à la Table ronde économique de Bruxelles au sein du Mouvement national congolais-Lumumba. Après l’indépendance, il s’impose rapidement dans les premières structures de l’État congolais et entame une carrière diplomatique.

En décembre 1960, Mario-Philippe Losembe devient le premier représentant permanent du Congo auprès des Nations unies. Il occupe ensuite plusieurs fonctions diplomatiques et administratives, avant d’être nommé ambassadeur au Royaume-Uni de 1966 à 1968. Son parcours gouvernemental le conduit également au ministère de l’Éducation en 1969, puis à la tête de la diplomatie congolaise en 1970. Le ministère des Affaires étrangères de la RDC le répertorie parmi les ministres ayant dirigé ce portefeuille depuis l’indépendance.

Son parcours connaît toutefois une interruption au début des années 1970. En 1972, il quitte le gouvernement et part en exil en Suisse. Il revient au pays en 1974 et s’oriente notamment vers les activités économiques. Il siège ensuite au conseil d’administration de l’OKIMO, dans la région de Kilo-Moto, entre 1982 et 1988.

Avec l’ouverture démocratique des années 1990, Mario-Philippe Losembe reprend une place active dans la vie politique congolaise. Il participe à la Conférence nationale souveraine et, entre 2003 et 2006, siège au Parlement de transition en tant que pionnier de l’indépendance.

Son retour au premier plan institutionnel intervient avec son élection comme sénateur de l’ancienne Province Orientale, pour le district de la Tshopo. Le 11 mai 2007, il est élu deuxième vice-président du Sénat, fonction qui le place au sein du bureau de la chambre haute du Parlement. Il participe également aux activités parlementaires régionales, notamment au Forum parlementaire de la SADC.

À travers plus de six décennies de vie publique, Mario-Philippe Losembe aura ainsi occupé des fonctions dans l’enseignement, la diplomatie, le gouvernement, le Parlement et les institutions de la République. De la période de l’indépendance aux institutions de la IIIᵉ République, son parcours aura accompagné plusieurs transformations majeures de l’histoire politique congolaise.

Sa disparition à Kinshasa marque donc la fin du parcours d’une personnalité qui aura consacré une grande partie de sa vie au service public, entre diplomatie congolaise, responsabilités gouvernementales et fonctions parlementaires.

Rédaction

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