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RDC : Le Centre conditionne la réforme constitutionnelle au retour de la paix et des déplacés.

  • oct. 05, 2026
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Le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Le mouvement politique Le Centre, dirigé par Germain Kambinga, propose de faire de l’année 2028 un horizon pour l’organisation d’un référendum consacré à une nouvelle Constitution, à condition que l’intégrité territoriale et l’autorité de l’État soient préalablement rétablies.


Cette proposition a été formulée lundi 5 octobre 2026 à Kinshasa, lors de la 10ᵉ édition des Universités d’Octobre du mouvement politique, organisée autour du thème « La République n’ira pas à Canossa ». Pour Germain Kambinga, le prochain grand rendez-vous politique ne devrait pas se limiter à la tenue d’élections générales. Il devrait, selon sa vision, permettre aux Congolais de se prononcer d’abord sur le cadre institutionnel dans lequel ils souhaitent voir évoluer leur pays.

L’ancien ministre présente ainsi 2028 comme une perspective politique plutôt que comme une date impérative. La tenue du référendum resterait notamment dépendante de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
 

Le Centre estime qu’une consultation populaire ne pourrait être envisagée tant que certaines parties du territoire national demeureraient sous occupation ou échapperaient au contrôle effectif des institutions de la République. Le mouvement conditionne donc son projet au retour de la paix, à la restauration de l’autorité de l’État et au rétablissement de l’administration civile dans les zones affectées par les conflits.


Autre préalable avancé par Germain Kambinga : la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devrait être en mesure d’exercer pleinement ses prérogatives sur l’ensemble du territoire concerné. Le Centre insiste également sur la situation des personnes déplacées, qui devraient, selon cette formation politique, disposer de garanties suffisantes pour participer au processus référendaire.


Cette proposition s’inscrit dans la vision de refondation institutionnelle défendue depuis plusieurs années par Germain Kambinga. Le président du Centre plaide notamment pour l’avènement d’une « Quatrième République », avec des institutions qu’il souhaite davantage orientées vers la méritocratie, la responsabilité politique, l’efficacité de l’État, le renforcement des contre-pouvoirs et une décentralisation effective.


La question d’une nouvelle Constitution constitue déjà l’un des sujets majeurs du débat politique congolais. Germain Kambinga avait, en juin dernier, soutenu que l’avenir de la Loi fondamentale devait être tranché par le peuple, considérant le changement constitutionnel comme un débat de société.


Le débat intervient également alors que le Parlement congolais a adopté en juin 2026 une proposition de loi portant organisation du référendum en RDC, destinée à encadrer les conditions de déroulement de ce type de consultation. Ce texte fait cependant l’objet de lectures divergentes entre la majorité et l’opposition.


Avec sa proposition, Le Centre entend donc inscrire l’éventuelle réforme constitutionnelle dans une séquence conditionnée par la situation sécuritaire et territoriale du pays. Pour Germain Kambinga, la priorité serait d’abord de restaurer l’intégrité du territoire et les capacités de l’État, avant de donner aux citoyens la possibilité de se prononcer sur une nouvelle architecture institutionnelle.

AM

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